Une charte
Un droit de la zone convenu avec l’État hôte et inscrit dans sa propre législation : qui gouverne, selon quelles règles, et comment ces règles se renouvellent.
Mansa, une plateforme de Mercatoria
Pour les gouvernements, les fondateurs et les capitaux africains qui bâtissent de nouvelles villes et de nouvelles zones aux conditions de l’Afrique elle-même : dotées d’une charte et portées par des dirigeants locaux, financées par des capitaux qui restent et protégées pour que ce qui est bâti perdure.

Au treizième siècle, après la guerre qui fit de Soundiata Keïta le souverain du Manden, une assemblée se réunit, rapporte la tradition, en un lieu appelé Kouroukan Fouga. Elle y proclama la charte du nouvel État, qui allait devenir l’empire du Mali.
L’UNESCO la compte parmi les plus anciennes constitutions du monde. Son préambule, en sept chapitres, évoque la paix entre peuples divers, la dignité de la personne, l’éducation, l’unité de la patrie, la sécurité alimentaire, la fin de l’esclavage par razzia, ainsi que la liberté d’expression et de commerce.
Elle n’a jamais été gravée dans la pierre. Les griots l’ont portée d’une génération à l’autre, et les clans du Manden la transmettent encore de bouche à oreille. En 1998, une rencontre tenue à Kankan, en Guinée, l’a consignée par écrit. En 2009, l’UNESCO l’a inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Une charte dure aussi longtemps que ceux qui la gardent. Avec Mansa, chaque zone commence de la même façon : par une charte écrite, convenue avec l’État hôte, que ceux qui vivent et investissent sous son régime peuvent lire, invoquer et renouveler.
Sources : UNESCO, la Charte du Manden ; Kouroukan Fouga.
Le Mali s’étendait entre les gisements aurifères du Bambouk et du Bouré, et le sel du Sahara. À Teghazza, on taillait le sel en épaisses barres que l’on portait vers le sud, deux barres par chameau, pour les vendre à Oualata et, plus tard, à Tombouctou. Quand Ibn Battûta passa à Teghazza en 1352, les maisons y étaient bâties de sel, et la poudre d’or s’échangeait au quintal.
Ce qui portait ce commerce, c’était la confiance. Ibn Battûta écrit que la sécurité était complète dans le pays : ni le voyageur ni l’habitant n’avaient rien à craindre des brigands. Un marchand étranger qui mourait là ne voyait pas ses biens saisis, quelle qu’en fût l’importance.
En 1324, Mansa Moussa passa par Le Caire en se rendant à La Mecque. L’historien mamelouk al-Umari rapporte qu’il distribua tant d’or que son cours, en Égypte, restait déprimé douze ans plus tard.
La richesse du Mali, c’était l’or. Sa force, c’était la route : maintenue sûre, ouverte aux étrangers et régie par des règles qui tenaient.
Sources : Taghaza ; Ibn Battûta, Travels in Asia and Africa, traduit par H. A. R. Gibb ; le récit d’al-Umari sur Mansa Moussa au Caire.
Les savants voyageaient avec les caravanes, et les livres avec eux. Dès le quatorzième siècle, Tombouctou fut un haut lieu du savoir : ses copistes reproduisaient les ouvrages qui y parvenaient, et ses propres érudits écrivaient sur le droit, l’histoire, la médecine et les sciences.
Des familles ont conservé les manuscrits chez elles pendant des siècles et les ont transmis de génération en génération. Une grande part de ce que savait Tombouctou a survécu parce que des foyers ont choisi de le garder.
Source : Timbuktu manuscripts.

La Grande Mosquée de Djenné est le plus grand édifice en brique de terre crue du monde. La pluie et la chaleur usent ses murs à chaque saison ; aussi la ville tout entière les renouvelle-t-elle chaque année. Les garçons malaxent l’enduit dans des fosses, les femmes et les filles portent l’eau, les hommes montent l’enduit et l’étalent, les maçons de la corporation dirigent les travaux, et les anciens observent depuis la place du marché.
Les tiges de palmier qui rythment ses murs, appelées toron, en sont à la fois l’ornement et l’échafaudage. L’édifice porte en lui-même les moyens de sa réparation.
La pérennité se conçoit dès l’origine, puis se pratique. Mansa inscrit le renouvellement dans chaque charte : des révisions à échéances fixes, des fonctions qui se transmettent, et une communauté partie prenante de l’entretien.
Source : Great Mosque of Djenné.

Différer le crépissage
Un dessin d’illustration, et non le relevé d’un édifice existant.
2018Le marché continental
En mars 2018, à Kigali, des États africains ont signé l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine. Il est entré en vigueur en mai 2019, une fois ratifié par vingt-deux d’entre eux, et les échanges sous son régime ont débuté le 1er janvier 2021.
En septembre 2026, cinquante de ses cinquante-quatre signataires l’avaient ratifié. Au regard du nombre de pays participants, c’est, selon la Banque mondiale, la plus grande zone de libre-échange du monde.
Sources : tralac, AfCFTA questions and answers, septembre 2026 ; dates de dépôt ; Banque mondiale.
Le marché s’écrit. Les villes qui le servent se bâtissent.

Un droit de la zone convenu avec l’État hôte et inscrit dans sa propre législation : qui gouverne, selon quelles règles, et comment ces règles se renouvellent.
Des capitaux de long terme, engagés par étapes au rythme des jalons atteints par la zone, avec le gouvernement hôte pour partenaire, dans le foncier comme dans sa valeur.
L’accès aux traités, la couverture du risque politique et l’arbitrage, convenus avant la pose de la première brique, pour que ce qui est bâti reste debout.
Des industries d’ancrage qui créent de la richesse au pays et commercent avec tout le continent dès le premier jour.
Chaque mission de Mansa est conduite par un partenaire africain reconnu dans le pays, sous mandat écrit. Elle commence par un échange privé et un périmètre défini par écrit.
Mansa, une plateforme de Mercatoria